Infrastructures technologiques, piliers pour le développement économique

Les technologies de l’information sont le levier fondamental au développement économique, à la modernisation de l’action publique. Le numérique crée de nouvelles méthodes d’accès à la connaissance, au savoir, à la culture. Il change la façon de faire des affaires. Il bouleverse tous les secteurs : éducation, transport, commerce, finances, santé etc… Le numérique crée des outils puissants de communication et facilite de nouvelles formes d’expressions et d’atteintes aux libertés. Pour arriver à un véritable développement du numérique en Haïti, il est nécessaire de développer des politiques visant la consolidation des infrastructures techniques.

 

Infrastructures technologiques, 9e objectif du développement durable

 

Les infrastructures de transports et technologiques sont le 9e des 17 objectifs de développement durable à l’horizon 2030 fixés par les Nations Unies. Elles sont essentielles pour parvenir au développement durable et à l’autonomisation des communautés. Si elles ne sont pas accessibles aux citoyens, les gouvernements doivent développer une politique visant à réduire le fossé numérique qui risque encore d’agrandir avec l’offre de services innovants.

 

Des infrastructures de qualité, à des coûts abordables, accélèrent la contribution des technologies de l’information à la croissance économique et à la promotion de l’innovation.
L’accès aux services à haut débit requiert des politiques modernes visant une meilleure appropriation des technologies de l’information par la population quelque soit sa situation géographique. La modernisation du cadre réglementaire mettant en exergue l’accès à des services de qualité nécessite le développement d’un environnement de concurrence ouverte et transparente.

 

Un peu plus de 60% de la population a accès à un téléphone mobile, et environs 18% seulement à un smartphone (téléphone intelligent). Les deux principaux opérateurs partageant le marché du haut débit en Haïti comptent huit mille (8000) km de fibres optiques (Natcom : 7000km et Digicel : 1000km). Les catastrophes naturelles (cyclones, tremblement de terre) ayant frappé le pays au cours de ces dix dernières années ont aggravé la qualité des infrastructures déjà médiocres et endommagé le réseau existant. Le passage de l’ouragan Matthew a provoqué des pertes de plus de $USD 37 millions dans le secteur des télécommunications.

 

Mesure de maturité numérique

 

Selon le rapport 2016 de l’OCDE sur la mesure de maturité numérique des pays, un index via le Global Information Technology Report, Haiti est classée 137e sur 139 pays avec un score de 2.5 sur 7, tout juste devant le Burundi et le Tchad, respectivement 138e et 139e.

En effet, le rapport 2005 du département des affaires sociales et économiques des Nations unies montre que la fracture numérique peut conduire à l’accès aux services à des privilégiés au dépend d’une forte couche de la population. En même temps, l’utilisation des services en ligne peuvent permettre à l’Etat de faire une gestion efficace de ses ressources afin de favoriser l’accès aux moins privilégiés.

 

Haut débit et croissance du PIB

 

Selon un rapport conduit conjointement par Ericsson (Nasdaq : Eric) Arthur D. Little et Chalmers University of Technology dans trente trois (33) pays membres de l’OCDE, montre que doubler la vitesse du haut débit augmente de 0.3% le produit intérieur brut. La Banque Mondiale (Qiang et al. 2009) a utilisé une analyse transversale pour examiner l’impact de l’utilisation du haut débit dans le développement économique pour la période de 1980-2006 pour 120 pays développés et en développement. Le cadre de référence est basé sur le modèle de croissance endogène (Barro 1991)  :

 

𝐺𝐷𝑃8006 = α0 + α1 × GDP80 + α2 × ( I/GDP)8006 + α3 × PRIM80 + α4 × BBPEN 8006 + α5 × SSA + α6 × LAC + μ

 

où GDP8006 représente le taux de croissance moyen du PIB réel par habitant en US$ entre 1980-2006, GDP80 est le PIB par habitant en 1980, I/GDP8006 est le est le ratio moyen d’investissement par rapport au PIB entre 1980 et 2006, PRIM80 est le taux moyen de scolarisation dans l’enseignement primaire en 1980, BBPEN8006 est le taux moyen de pénétration du haut débit fixe et SSA et LAC sont des variables muettes pour les pays d’Afrique subsaharienne et d’Amérique latine et des Caraïbes (LAC) respectivement. L’étude conclut qu’une augmentation de 10 points de pourcentage de la pénétration du haut débit fixe augmenterait la croissance du PIB de 1,21% dans les économies développées et de 1,38% dans les pays en développement.

 

Infrastructures à la traîne 

 

Haïti figure parmi les pays ayant le coût d’accès au service mobile large bande le plus élevé, selon le rapport “measuring the information society” de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) publié en 2016. Les services de haut débit sont fortement concentrés à Port-au-Prince et restent très limités aux principales zones urbaines. Les infrastructures sont à la traîne. Selon les estimations, un forfait Internet de 500Mb sur téléphone mobile coûte environ 34% du Revenu National Brut par habitant, soit l’un des pourcentages les plus élevés du monde pour un forfait de base de ce type (measuring the information society, 2014).

 

L’accès aux infrastructures technologiques est essentiel au développement d’une stratégie numérique. Pour assurer le développement économique, le secteur des technologies doit aider au développement de tous les autres secteurs. Les infrastructures technologiques offrent un gain de productivité et de compétitivité à travers le management des institutions.

JMA

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