Les progrès de l’inclusion financière contribuent à un monde durable

Même si 65 % des femmes disposent désormais d’un compte bancaire, contre 58 % en 2014, l’écart entre hommes et femmes reste de 9 points de pourcentage dans les pays en développement. Les pays qui affichaient un écart entre les sexes en 2011, à la création du Findex, le conservent aujourd’hui, et il est particulièrement marqué en Asie du Sud.

Les mutations et les innovations technologiques rapides, en particulier la diffusion de la téléphonie mobile, boostent l’accès aux services financiers et l’inclusion. Selon la GSMA, l’association des opérateurs de téléphonie mobile, les paiements mobiles se chiffrent actuellement à un milliard de dollars par jour, via 276 systèmes déployés dans 90 pays. Les téléphones portables et autres points d’accès permettent aux personnes qui en ont besoin de bénéficier de services financiers sans avoir à parcourir de longues distances pour se rendre dans une agence bancaire.

Les sociétés de technologie financière (ou fintech) bouleversent le paysage du secteur financier en facilitant comme jamais auparavant l’accès à ses services. Ainsi, les super-plateformes, comme Ali Baba/Ant Financial, s’adressent à un nombre croissant de personnes grâce aux places de marché internet et aux réseaux sociaux.

L’innovation et la « mobilité » des services financiers jouent depuis quelques années un rôle déterminant.

Détenir un compte courant, c’est un bon début, mais l’utiliser, c’est mieux

Les objectifs de l’inclusion financière ont eux aussi évolué. Avoir accès à un compte bancaire est une bonne chose, mais ce n’est pas suffisant. Détenir un compte ne signifie pas l’utiliser, comme le montrent les données Findex.

Sur certains marchés émergents, le taux de bancarisation est aujourd’hui d’au moins 80 %. C’est le cas en Chine, en Inde, au Kenya et en Thaïlande. Désormais, c’est l’utilisation de ces comptes en banque qu’il faut améliorer.”>Sur certains marchés émergents, le taux de bancarisation est aujourd’hui d’au moins 80 %. C’est le cas en Chine, en Inde, au Kenya et en Thaïlande. Désormais, c’est l’utilisation de ces comptes en banque qu’il faut améliorer. Toujours selon Findex, à l’échelle mondiale, un cinquième des comptes ne sont pas actifs (aucun dépôt ni retrait sur les 12 derniers mois).

L’exemple de la Chine montre comment on peut favoriser cette transition : aujourd’hui, plus de 80 % des adultes en Chine sont titulaires d’un compte en banque et 85 % des adultes qui font des achats en ligne payent également en ligne (et non en espèces à la livraison).

Pour accroître l’utilisation des comptes bancaires, un pays peut décider de numériser les paiements en espèces (salaires et transferts publics). Il peut aussi commencer par investir dans des outils essentiels, comme les titres d’identité numériques et les historiques de crédit en ligne. En effet, lorsqu’on peut prouver qui l’on est et fournir un historique de crédit, il est nettement plus facile d’ouvrir un compte dans un établissement financier.

Combler les écarts restants

S’il est important de s’attacher à renforcer l’utilisation des comptes bancaires, les pays doivent aussi continuer à élargir l’accès au financement pour des catégories de population plus difficiles à atteindre, tels que les femmes, les pauvres et les ruraux. D’après les dernières données Findex, environ la moitié des personnes non bancarisées sont des femmes, vivent dans des ménages à faibles revenus ou sont inactives.

Les services financiers doivent être adaptés aux attentes de celles et ceux qui y accèdent pour la première fois et qui sont susceptibles d’avoir besoin d’un accompagnement spécifique pour apprendre à les utiliser ainsi que de produits personnalisés.

Grâce aux compétences financières (connaître et savoir utiliser les services financiers) qu’elle a acquise, Mohirahon a pu prendre suffisamment confiance en elle pour ouvrir sa propre boutique. De même, Farzona, une Afghane réfugiée au Tadjikistan, a suivi des cours d’éducation financière et appris à consigner tous ses achats. « Cela m’a aidé à limiter les dépenses inutiles. Maintenant, je sais bien gérer mon argent. J’ai ainsi pu accroître mon épargne, et le budget de mon ménage », explique-t-elle.

Ces formations aident les nouveaux consommateurs qui pénètrent dans le secteur financier formel à prendre des décisions en connaissance de cause. Cependant, ils doivent aussi être à l’abri des pratiques commerciales dangereuses, d’où l’importance de cadres solides pour protéger les consommateurs (a).

Par ailleurs, il est essentiel d’axer les efforts sur l’inclusion financière des femmes, qui joue un rôle clé dans l’autonomisation féminine et l’égalité entre les sexes.

« Lorsque l’État verse directement les prestations et allocations sociales sur le compte bancaire numérique d’une femme, cela a un impact énorme : les femmes acquièrent ainsi un pouvoir de décision au sein du ménage et, disposant d’outils financiers plus nombreux, elles investissent dans la prospérité de leur famille et contribuent à la croissance économique générale.  »
Melinda Gates, Coprésidente de la Fondation Bill et Melinda Gates.

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