Exploitation de données publiques ouvertes (Open Data) en Haïti pour promouvoir la transparence

A l’ère du numérique, les données représentent l’un des plus importants actifs d’une entreprise ou d’une institution. Leur exploitation en crée un atout incontournable à la promotion de la transparence . Chaque instrument, chaque outil numérique en produit. La donnée ou “data” se crée et se démultiplie. Elle est cette ressource qui ne s’épuise pas et qui, quand elle est ouverte aide à une meilleure gouvernance, facilite la transparence dans l’action publique et favorise la collaboration.

“L’ouverture et le partage des données publiques, aussi appelés Open Data, consistent à mettre à disposition de tous les citoyens, sur Internet, toutes les données publiques brutes qui ont vocation à être librement accessibles et gratuitement réutilisables”.

Les données publiques couvrent l’ensemble des données produites ou collectées qui sont ou devraient être disponibles au public. Tim Berners-Lee, principal inventeur du Web et instigateur des Linked Data, a suggéré un programme de déploiement en 5 étoiles pour l’Open Data. Les étoiles représentent les coûts et bénéfices qui accompagnent chaque étape.

Les données doivent être produites ou générées, publiées de manière structurée afin de permettre leur consultation et leur exploitation par les citoyens, les associations ou le secteur privé. Elles doivent être publiées sous un format ouvert (CSV par exemple) et non propriétaire, ce qui pourra faciliter son intégration dans des systèmes de gestion et d’aide à la décision. “Données publiques ouvertes” ne signifie pas que toutes les données d’une entité gouvernementale soient publiques et accessibles gratuitement.

De manière générale, l’Open Data aide à, promouvoir la transparence, encourager la participation citoyenne, favoriser l’offre de services aux citoyens et assurer le soutien à l’économie.

Haiti ne figure pas dans le rapport 2016/2017 du Global Open Data Index (référence mondiale annuelle pour la publication de données publiques ouvertes gérée par l’Open Knowledge Network), alors que la République Dominicaine se trouve à la 57e place et la Jamaïque 58e sur 94 pays. Le Taiwan, l’Australie et l’Angleterre occupent les trois (3) premières positions. Quelques initiatives sont initiées par certaines institutions publiques comme la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP) avec la publication des marchés sur le site Internet de l’institution, le Ministère de l’Economie et des Finances, la publication du budget sur le site Internet du Ministère, de l’Office de Management et des Ressources Humaines (OMRH), le Centre de Renseignements Administratifs (CRA) et le Centre de Facilitation des Investissements (CFI) qui a récemment lancé le portail Open Data – Investir en Haïti. Toutefois, au delà de ces actions isolées, il n’existe pas une politique de données ouvertes engagée par l’administration publique haïtienne. Les données, si elles existent, ne sont pas toujours à jour.

10 catégories de données à exploiter

1- Infrastructures
Le citoyen serait très intéressé à avoir les informations sur les infrastructures existantes dans le pays, que ce soit dans le secteur routier, de la santé, de l’éducation, du sport ou autre.

2- Cadastre
Le cadastre est le registre de documents où figurent les renseignements sur la surface et la valeur des propriétés foncières. Ces données pourraient aider à définir un plan cadastral qui présente le découpage du territoire en propriétés bâties ou non bâties. Elles pourraient, par exemple, présenter les délimitations des communes afin de permettre au contribuable de savoir où payer ses impôts.

3- Patrimoine
Ces données seraient d’une importance capitale aux étudiants et chercheurs concernés par le patrimoine. Le citoyen serait très intéressé à savoir à propos des rivières, des grottes, des sites touristiques existant dans le pays. Il aurait une meilleure connaissance de son territoire.

4- Socio-démographie
Les données sur les catégories d’âge, la taille, le niveau d’éducation d’une population, pourraient bien aider un investisseur qui désire implanter son entreprise dans une zone.

5- Budget et marchés publics
En plus qu’il est important que le budget soit disponible sur Internet, les données sur son exécution, les recettes collectées par le trésor public, feraient augmenter le niveau de confiance aux dirigeants. Les données sur les marchés publics renforceraient la transparence de l’action publique.

6- Dépenses publiques
Les données sur les dépenses publiques montreraient comment elles sont engagées. Elles indiqueraient si l’argent public est utilisé de manière efficiente et efficace.

7- Projets et programmes
Il serait important pour le citoyen d’avoir accès aux données sur les programmes et les projets d’investissement public, leur montant, leur statut et leur niveau d’exécution.

8- Coûts des services publics
Le contribuable doit savoir combien il doit payer pour un service. La disponibilité des données sur les coûts des services publics pourraient constituer une réponse stratégique et viable face à la corruption.

9- Textes de loi
Le vote d’une loi nécessite la participation des acteurs concernés par cette loi, afin qu’elle reflète la réalité de la société. Rendre disponibles aux secteurs concernés, à la population en général, les lois en discussion au Parlement encouragerait la participation citoyenne dans la gestion de la chose publique. Aussi, une fois publiées dans le journal officiel “Le Moniteur”, devraient-elles disponibles pour être consultées par le public.

10- Registre du commerce
Le registre du commerce est le recueil public qui contient les informations liées aux personnes physiques et morales exerçant des activités commerciales. La disponibilité de ces données permettrait à toute personne désirant créer une société de vérifier la disponibilité du nom qu’elle souhaite donner à son entreprise.

JMA

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