Facebook admet qu’il sait en permanence où vous êtes même si vous ne le désirez pas

C’est un aveu désormais officiel : Facebook sait en permanence où vous vous trouvez, que vous ayez activé ou non la géolocalisation sur votre smartphone ou tout appareil mobile possédant l’application. Pour se défendre de cette intrusion dans la vie privée de ses utilisateurs, Facebook avance des raisons de sécurité et des fins publicitaires. “Même si quelqu’un n’active pas les données de localisation, Facebook peut tout de même déterminer en partie son emplacement grâce aux informations qu’il fournit à travers ses activités et ses connexions sur nos différents services”, a déclaré le groupe dans une lettre adressée à deux sénateurs américains le 12 décembre et relayée sur Twitter mardi. 

Dans sa réponse aux sénateurs, Facebook indique que lorsque les personnes désactivent la géolocalisation, la plateforme dispose tout de même d’indices. Mais ce sont surtout les adresses IP (système d’identification d’une connexion sur internet) qui trahissent les utilisateurs soucieux de confidentialité. Dans ce cas, Facebook précise néanmoins s’arrêter au niveau de la ville ou du code postal, sans chercher à aller plus loin, sauf pour des questions de sécurité. Une définition bien large. En avril 2018, devant le Congrès américain, Mark Zuckerberg avait avancé le même argument pour expliquer la collecte de données de personnes non inscrites sur Facebook.  

Facebook rappelle que les données de localisation permettent notamment aux utilisateurs de partager le lieu où ils se trouvent ou de faire des recherches dans un certain périmètre. Ces informations “nous aident à mettre en avant des contenus plus appropriés et à améliorer les publicités”, détaille le réseau. 

Une loi fédérale sur le sujet ?

Le groupe californien collecte des données personnelles de toutes sortes sur ses quelque 2,2 milliards d’utilisateurs quotidiens d’au moins une de ses plateformes (Instagram, Messenger, WhatsApp, Facebook). Elles constituent le fondement de son modèle économique : l’exploitation commerciale des profils des consommateurs via le ciblage publicitaire ultra fin, à très grande échelle.

Chris Coons, sénateur démocrate, et Josh Hawley, élu républicain, ont écrit au géant il y a près d’un mois pour lui demander des comptes sur la façon dont il collecte ce type de données. “Facebook admet”, a réagi Josh Hawley mardi, en partageant un tweet d’une journaliste de The Hill, qui a publié les trois premières pages de la lettre. “Même si vous désactivez l’option position, ils continuent de traquer votre emplacement pour faire de l’argent (en vous envoyant des pubs)”, continue-t-il. “Pas de contrôle sur vos infos personnelles. (…) C’est pour ça que le Congrès doit agir”.

Les deux parlementaires avaient interpellé l’entreprise de Mark Zuckerberg car ils s’inquiétaient du niveau de contrôle de l’entreprise sur les données des utilisateurs. Aux Etats-Unis, seule la Californie a ratifié une loi sur la protection de la vie privée et des données personnelles des consommateurs. De nombreux représentants appellent à une loi fédérale sur le sujet.

Source : Businessinsider.fr

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